Le DIMANCHE 20 SEPTEMBRE 2026 à 16h, séance gratuite en partenariat avec le cinéma Les Alizés (Bron) – en présence d’Aurélien Deschamps, protagoniste du film.

Un film de Diego Governatori (2019, 87 min) avec Aurélien Deschamps.
Quelle folie est d’abord un portrait – celui d’Aurélien, un jeune homme diagnostiqué Asperger en 2015, peu avant le tournage de ce long-métrage documentaire réalisé par son ami Diego Governatori. D’une certaine façon, le film capte en son cœur la déflagration encore palpable de cette révélation, avec son lot de lumières et de remous, de réponses et de doutes. Comme le décrit la présentation officielle du film, “Aurélien est charmant, mais il est tourmenté. Aurélien est volubile, mais il est solitaire. Aurélien se sent inadapté, mais il a tout compris. Aurélien est autiste. Filmé, il a délié sa parole, libérant un chant d’une intensité prodigieuse, un miroir tendu vers nous.”
Voilà pour ce qui est de l’argument du film. Mais à l’image de son protagoniste, dont l’intelligence électrique, la volubilité faite de fulgurances et de tâtonnements, les phases d’enfièvrement et de découragement, créent une véritable dramaturgie en soi, Quelle folie construit sa propre forme organique, débordant amplement du simple rôle d’“œuvre-message” ou “d’œuvre-témoignage” auquel il aurait pu s’assigner. Un parti pris esthétique renforcé et alimenté par le choix de Diego Governatori de brosser le portrait d’Aurélien en situation – et pas n’importe laquelle, puisque le réalisateur promène son personnage dans l’effervescence festive, tapageuse et alcoolisée de la feria de Pampelune (autant dire une image de l’enfer pour un autiste hypersensible), tout juste atténuée par quelques séquences tournées dans les splendides paysages de campagne alentour. Voici donc bel et bien un objet de cinéma à part entière, porté par un désir d’inventer sans cesse la forme, la matière vibrante et la conduite narrative qui épouseront au plus juste les contours et la réalité intérieure de son personnage.
Quelle folie peut se voir à la fois comme un récit et comme une expérience sensorielle. Comme une plongée dans une réalité intime et comme un travail d’énonciation de cette réalité, sans cesse remis sur le vif et imprévisible métier de la parole. Comme une autofiction dont le héros accepterait qu’elle soit modelée par un regard extérieur et amical. Comme un film qui, sur le sujet de l’autisme de haut niveau mais aussi de cette bataille du langage et de ce rapport au réel auxquels chacune et chacun de nous doit se coltiner, apporte pensées nouvelles et ondes sensibles. Pour toutes ces raisons, c’est un film bouleversant, au sens propre du terme, dérangeant au sens que le dramaturge Mohamed El Khatib peut donner à ce mot : après l’avoir visionné, notre système intellectuel et émotionnel n’est plus organisé de la même façon.
En partenariat avec le cinéma Les Alizés de Bron, l’association “Léonard, encore” est particulièrement heureuse de vous proposer ce film en séance gratuite, enrichie par la présence d’Aurélien Deschamps, qui a accepté de venir échanger avec nous à l’issue de la projection.
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